Les carrières de Conflans-Sainte-Honorine, HerblayLe très respecté Arsenic  en compagnie de Géos devant l'entrée en cavage confortée

Entre Conflans-Sainte-Honorine et Herblay, à flanc de coteaux et dominant la Seine, partent de nombreuses entrées en cavage d'anciennes exploitations de calcaire. Il est vraissemblable que les premières carrières d'empierrement furent ici à ciel ouvert ; elles servirent à fournir les matériaux nécessaires à la construction des édifices moyennageux de Conflans. D'ailleurs cette ville est aujourd'hui sujette à de fréquents glissements de terrains et à de nombreux effondrements dont l'origine sont ces anciennes carrières.
Le schéma des carrières est toujours le même : une entrée en cavage ; une exploitation à l'horizontale sur 200 mètres d'un calcaire particulièrement blanc ; une liaison en profondeur par de petite galeries transverses dans la masse. L'aération est assurée par cette communication entre les entrées en cavage ainsi que par de rares puits verticaux. L'exploitation principale, du 18ème siècle, se fit selon la méthode des piliers tournés ; ceux-ci étant particulièrement espacés et fins, il fut errigés entre eux de nombreux piliers à bras. Beaucoup de parties latérales de la carrière témoignent d'une exploitation selon l'autre méthode en usage à cette époque, celle à hagues et bourrages.
Cliquez ici pour visionner le plan des carrières d'Herblay/ ConflansLa grande originalité de ces carrières est la présence d'ouvrages de confortation dressés par les carriers eux-même au cours de la deuxième moitier du 18ème siècle ; afin de soutenir un ciel de carrière friable, en particulier sous les zones d'infiltration, ceux-ci dressèrent de fins et réguliers arcs-boutants en pierre sèche avec en leur centre une typique clef de voûte (Deux d'entre-elles portent la dâte de leur fabrication, 1762 en rouge). La division en deux d'une galerie a nécessité la mise en place d'une double arche qui reste une pièce architecturale unique en Ile-de-France. Un certain nombre de galeries ont de plus été baptisées par les carriers ; elles portent un nom peint en rouge à la manière des plaques des réseaux IGC parisien.
Au 20ème siècle, certaines parties de la carrière furent réutilisées par des champignonnistes ; terres rapportées, sillons caractéristiques, lampe de champignonniste sont encore visibles sur place. Il reste d'ailleurs une champignonnière encore en activité ; elle devrait fermer en décembre 2001.

Galerie photo
Double arche de confortation  en croisement de 2 galeries Détail d'un ciel de galerie conforté par des arches
Pilier tourné à la croisée de 2 galeries avec plaque de "rue" peinte en rouge Grande arche de confortation en entrée de la carrière des anglais
Détail de la double arche de confortation François examinant 2 lampes de champignonniste
Partie de carrière réutilisée en champignonnière (terres rapportées et sillons caractéristiques sont parfaitement visibles). Forêt de piliers à bras
Atelier de carrier abandonné montrant la méthode d'abattage du calcaire curieuse galerie transverse à section en  parallélogramme
Pilier tourné et pilier à bras côte à côte