La carrière Delacroix à Ivry sur Seine

Aménagée pour les visites des journées du Patrimoine, cette carrière se visite une fois par an. Son histoire n'est pas encore bien connue. L'archéologue Marc Viré, lors de recherches aux Archives nationales, trouve deux documents datés de 1921-1922 relatant l'existence d'une carrière appartenant à M. Delacroix ; ils détaillent une expérience unique de conservation de grain tentée dans cette cave. Cette tentative ne fut pas courronnée de succès car la mairie d'Ivry mentionne l'existence, en 1942, d'une cave à vins de Bourgogne (on trouve en effet aujourd'hui, en un endroit, les restes d'un tonneau de vins).

En 1911, c'est une champignonnière Deville qui s'y installe. C'est tout ce qu'on connait sur l'histoire de cette carrière. Pourtant, les curiosités abondent. Tout d'abord la partie la plus proche de l'entrée garde les traces de sa fonction première, à savoir : hagues, piliers à bras, bourrage, caractéristiques des carrières parisiennes du 19ème-début 20ème. Il y aurait donc eut une phase d'exploitation des niveaux calcaires pour l'empierrement vers cette période. Le reste de la carrière est quant à lui beaucoup plus vaste en hauteur et en largeur, pouvant faire penser à des exploitations d'un type plus ancien. C'est la cave carrière Delacroix proprement dîte : vastes galeries maçonnées de quatre mètres de large avec, au carrefour de quatre galeries, une coupole de 7 mètres de large et d'une hauteur de 5 mètres. Donnant sur une galerie proche, subsiste des silos à grain, actuellement en cours de déblaiement par une association de bénévoles (OCRA). L'ensemble comporte piliers et arches de soutainement maçonnés du 20ème siècle. Par endroits plus au fond subsiste des restes de tonneaux et échelle en bois.

Conclusion : Seule des exploitations anciennes en piliers tournés expliqueraient les importantes dimensions de la carrière Delacroix ; mais aucun éléments allant en faveur de cette hypothèse n'a encore pu être trouvé sur le terrain. Il est par contre sûre qu'une exploitation à hagues et bourrages a été menée dans la partie N-E ; elle serait antérieure à 1910. Trois réutilisations se sont alors succédées, durant le 20ème siècle : une champignonnière, une expérience de conservation de grain en silos, une cave à vins. Je dâterai les confortations en arches et piliers avec joints en béton du temps de cette cave (1942). Mais des confortations plus anciennes en pierre de taille restent mystérieures : coupole, arches en calcaires, portail en pierre. Ils auraient été construit soit dans un unique soucis de consolidation des vides, soit en vue d'une utilisation. Des recherches en Mairie ou au sein de l'IGC pourraient être intéressantes.

Partie sud de la carrière Cloche et arches maçonnées galerie d'exploitation Silos à grains